Exposition « Michael Kenna, photographies du camp de Natzweiler »

Exposé plus de 850 fois à travers le monde, distingué par une dizaine de pays dont la France qui l’a décoré des Arts et des Lettres (Officier), cet artiste d’origine britannique à la renommée internationale entame en effet à la fin des années 1980 un projet mémoriel intimement lié à sa visite du camp de concentration Natzweiler-Struthof.
Cette exposition est singulière à plus d’un titre : pour la première fois, les tirages argentiques de Michael Kenna sont exposés dans le lieu même où les clichés ont été réalisés. Ils sont également mis en corrélation avec des photographies d’archives réalisées par l’armée américaine en décembre 1944 à la suite de la découverte du camp.
Mêlant art, histoire et mémoire, et dans la lignée des expositions présentées au CERD, qui a accueilli du 16 novembre au 02 décembre un total de 7 157 visiteurs, dont 2 244 visiteurs individuels et 4 770 scolaires, cette exposition est essentielle pour aborder autrement l’histoire et la mémoire de la déportation. Elle est intrinsèquement liée à la démarche mémorielle de Michael Kenna qui a choisi de développer une approche sensible en nous invitant à réagir et à nous impliquer pour transformer nos sensations et nos sentiments en mémoire.
À l’heure où les derniers témoins disparaissent et où la transmission demeure plus que jamais essentielle, il faut souligner que le discours de l’artiste répond pleinement aux objectifs de l’Office national des combattants et des victimes de guerre en matière de valorisation des lieux de mémoire. En effet, l’un des enjeux actuels consiste à renouveler les pratiques de transmission et à ouvrir les lieux de mémoire à de nouveaux publics en développant une programmation scientifique, culturelle et pédagogique multidisciplinaire.

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