Hommage au résistant Jean Nallit

Il obtient son certificat d’étude puis entre à l’École des métiers des industries métallurgiques du Rhône. Intéressé aux questions politiques et révolté par la montée des régimes totalitaires, il a seize ans à la déclaration de guerre et souhaite s’engager malgré l’opposition de son père. Il est alors embauché par la Compagnie du gaz de Lyon et travaille à la centrale thermique de La Mouche.
Après l’armistice, dans son travail, il commence à côtoyer des représentants syndicaux et intègre la Résistance en 1941. Il est notamment en charge de la distribution de tracts et de journaux clandestins. Il fait ensuite la connaissance de Pierre Frey dit « Ubu » dans la Résistance, membre du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MRPGD), devenu le réseau « Charette ».
Dès août 1943, Jean Nallit (alias Gratien) est à temps plein dans la Résistance. Il est l’adjoint de Pierre Frey, lui-même responsable du service « identité et impression ». Ainsi Jean Nallit produit de nombreux faux papiers, notamment pour des personnes juives.
Il est finalement arrêté le 31 mars 1944 par la Gestapo de Lyon et est ensuite interné à la prison de Montluc dans les ateliers. Après un mois d’internement, il est transféré à Compiègne le 1er mai 1944 d’où il sera finalement déporté vers le camp de Buchenwald le 8 mai 1944 puis affecté dans différents kommandos (unité de travail forcé).
Suite à l’avancée des troupes alliées, il est évacué vers la baie de Lübeck où il est libéré par les américains le 8 mai 1945. Il est ensuite rapatrié vers Lyon le 16 mai 1945. Jean Nallit est reconnu Justes parmi les nations le 16 avril 1992.
Engagé dans la transmission mémorielle, il témoigne auprès des publics du Mémorial National de la prison de Montluc dès l’ouverture du haut lieu de la mémoire national en 2010.
En 2019, il est élevé au grade de Grand-Croix dans l’ordre national de la Légion d’honneur par le président de la République.
© Frédéric Bellay – ONaCVG