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6 mars, 2026

Témoignage de la sergent Alexia : « La légitimité ne vient pas de notre genre. »

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, et alors que l’armée poursuit sa féminisation (17.3 % en 2024), la sergent Alexia, du 31e régiment du génie, revient sur son parcours, son engagement et son regard sur la place des femmes au sein des forces armées.

Portrait du sergent Alexia

La sergent Alexia est traitant chancellerie au sein de la cellule chancellerie du 31e régiment du génie (à Castelsarrasin). Elle était auparavant chef du groupe d’échelon (GE) au sein de la 973e compagnie d’appui au déploiement opérationnel (CADO). Elle est déployée à deux reprises en 2020 et 2021 dans le cadre de l’opération Sentinelle en tant que chef d’équipe, et en 2022 pour une projection en opération extérieure au Mali comme adjoint au chef GE.

La sergent Alexia est décorée de la médaille de la protection militaire du territoire avec l’agrafe « Sentinelle », du titre de reconnaissance de la Nation avec l’agrafe « Opérations extérieures », de la médaille d’outre-mer avec l’agrafe « Sahel », de la médaille de la défense nationale échelon avec l’agrafe « Missions d’opérations extérieures » argent et de la croix du combattant. Ainsi, elle est ressortissante de l’ONaCVG, avec plus de 123 jours en opérations extérieures.

Après sept ans de service, dont trois en qualité de sous-officier, elle témoigne de son expérience en tant que femme dans l’armée de Terre.

Quelles sont vos missions et quelles compétences requièrent-elles ?

Nouvellement affectée à cette cellule, j’ai en charge le volet « Absences irrégulières et désertion », avec pour mission le suivi des 1 200 militaires du régiment et la mise en œuvre de procédures en cas de non-respect de la réglementation en matière de disponibilité. J’œuvre également à la mise à jour des documents propres à la chancellerie.

Trois compétences sont indissociables de l’exercice de ce métier : l’esprit de cohésion, le sens des responsabilités et l’exigence physique.

Le sergent Alexia en cérémonie

Qu’est-ce qui vous rend le plus fière dans votre poste ?

Je suis fière de la rigueur et de l’esprit d’équipe dont je dois faire preuve, ainsi que de ma capacité à me dépasser, tant physiquement par le sport que dans mes missions quotidiennes. J’aime le fait d’aller toujours plus loin et au-delà de ce qui m’est demandé.

En particulier, j’aime le fait de porter l’uniforme car c’est le symbole de mon travail et de mes compétences.

D’après votre expérience, une femme dans l’armée doit-elle faire ses preuves différemment d’un homme ?

Les femmes sont généralement minoritaires dans leurs unités, ce qui les amène à être d’autant plus observées. Ainsi, les réussites comme les erreurs peuvent être particulièrement scrutées et, dans un environnement très hiérarchisé comme le nôtre, l’autorité peut parfois être plus évidente pour un homme, une femme devant alors s’affirmer davantage.

Toutefois, je n’ai jamais ressenti de frein particulier à mon engagement et mon évolution qui serait dû à ma condition de femme. Dans l’armée, cela dépend surtout de la discipline de chacun et des moyens que l’on se donne.

Par ailleurs, j’ai constaté que la féminisation de l’armée permet à la fois d’en moderniser l’image mais également de faciliter le contact avec la population civile.

« J’ai choisi l’armée de Terre pour ses valeurs. »

Mon engagement dans l’armée tient à ma volonté de servir mon pays, de me dépasser, et à la possibilité d’évoluer au cours de ma carrière.

J’ai choisi l’armée de Terre pour sa « rusticité », les valeurs qu’elle prône et la diversité des métiers qui la constituent.

Ma spécialité me permettant d’être placée dans différentes armes, j’ai choisi de rejoindre le génie pour des raisons logistiques telles que la localisation dans le Sud-Ouest de la France (Tarn-et-Garonne).

D’après votre expérience, une femme dans l’armée doit-elle faire ses preuves différemment d’un homme ?

Les femmes sont généralement minoritaires dans leurs unités, ce qui les amène à être d’autant plus observées. Ainsi, les réussites comme les erreurs peuvent être particulièrement scrutées et, dans un environnement très hiérarchisé comme le nôtre, l’autorité peut parfois être plus évidente pour un homme, une femme devant alors s’affirmer davantage.

Toutefois, je n’ai jamais ressenti de frein particulier à mon engagement et mon évolution qui serait dû à ma condition de femme. Dans l’armée, cela dépend surtout de la discipline de chacun et des moyens que l’on se donne.

Par ailleurs, j’ai constaté que la féminisation de l’armée permet à la fois d’en moderniser l’image mais également de faciliter le contact avec la population civile.

« Il ne faut pas avoir peur des regards et des stéréotypes. »

Les armées évoluent et les femmes y occupent aujourd’hui des postes opérationnels, techniques et de commandement, notamment dans ce régiment du génie où nous sommes nombreuses.

La légitimité ne vient pas de notre genre mais de notre professionnalisme. Plus le poste est exigeant, plus il faut travailler et se dépasser. Mais cette exigence permet de prendre confiance en soi, il ne faut pas avoir peur des regards et des stéréotypes qui ne définissent ni notre valeur, ni notre potentiel.

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