Pupilles de la Nation sans le savoir dans le Cher

C’est une histoire étonnante et réconfortante. Celle de la reconnexion entre le service départemental de l’ONaCVG du Cher et deux pupilles de la Nation dont il avait instruit les dossiers pendant la Seconde Guerre mondiale…
À l’époque, Solange et Raymonde G. sont réfugiées à Châteaumeillant avec leur père, Parisien d’origine israélite, qui est un grand blessé de guerre. Invalide à 100 %, il demande l’adoption par la Nation de ses deux filles, ce qui est accepté par jugement du tribunal de Saint-Amand Montrond le 18 mars 1943. Ayant échappé à la grande rafle antijuive de l’été 1944 (prélude aux massacres des puits de Guerry), la famille G. quitte le Cher après la Libération. Étrangement, le père des deux fillettes ne les informe pas de leur statut de pupille de la Nation.
Plus de quatre-vingt ans plus tard, la consultation d’un registre matricule des pupilles du Cher ouvert en 1940 et clôt en 1986 révèle au directeur du service le nom de Solange et Raymonde G., dans le cadre d’un inventaire des dossiers correspondant au registre. Grâce à une association mémorielle locale, l’une des deux sœurs (âgée aujourd’hui de 86 ans) est contactée, afin d’obtenir des renseignements.
À la surprise du directeur, son interlocutrice ignore tout de son statut de pupille de la Nation et de ce qu’il recouvre en termes de droits, et il en est de même pour sa sœur… Leur discussion permet d’évoquer les possibles actions de solidarité, en même temps que les difficultés financières auxquelles est confrontée Solange G.
Les indications du directeur du service départemental du Cher permettent alors à la ressortissante qui s’ignorait de prendre aussitôt l’attache du service de son département de résidence, et d’obtenir une aide personnalisée.
Ce récit est l’occasion de rappeler que c’est une une loi de 1917 qui a institué le statut de pupille de la Nation. Au cœur de la Première Guerre mondiale, elle permettait d’offrir une protection aux enfants dont la famille était frappée par le deuil ou les conséquences du retour des militaires blessés lors des combats. Ce statut, accordé à vie, est unique en Europe. L’accompagnement de ces enfants, dont le(s) parent(s) n’est plus en capacité d’assumer pleinement l’éducation a été, depuis le début et jusqu’à aujourd’hui, confié à l’ONaCVG.
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